Affaire Adama Gaye : Pour Alioune Tine, le délit d’offense au Chef de l’Etat est obsolète

Alioune Tine est très inquiet sur la grève de la faim entamée par le journaliste Adama Gaye arrêté sous le coup de l’article 80 du Code pénal spécifiant le délit d’offense au Chef de l’Etat. Selon l’ancien directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest, le délit d’offense au Chef de l’Etat est obsolète.

Alioune Tine n’y est pas allé par le dos de la cuillère pour fustiger l’emprisonnement du journaliste Adama Gaye pour délit d’offense au Chef de l’Etat. Dans un entretien téléphonique avec nos confrères de Seneweb, le président du laboratoire Afrikajom Center est d’avis que le journaliste Adama Gaye n’aurait jamais dû être emprisonné.«Nous sommes gravement préoccupés par la décision que le journaliste Adama Gaye a prise de faire une grève de la faim totale avec son état de santé. Nous pensons qu’il faut absolument le libérer, il n’aurait jamais dû être en prison, il a nié certains écrits qu’on lui reproche, son compte Facebook ayant fait l’objet d’un piratage», a-t-il déclaré.Et le droit de l’hommiste d’ajouter : «Nous combattons l’article 80 depuis les années 90. Il est totalement absurde dans un contexte où le Président est très fort et chef de parti», a ajouté le président du laboratoire Afrikajom Center. «Une justice pénale qui fonctionne exclusivement sur l’enfermement qui aurait dû être l’exception et qui est devenu la norme. Il nous faut repenser collectivement notre justice pénale, adopter une loi sur la présomption d’innocence permettant de faire de l’enfermement une exception», a notamment plaidé l’ancien président d’Amnesty pour l’Afrique de l’Ouest qui invite à faire recours à de nouvelles alternatives à la prison, des peines alternatives, des prisons en milieu ouvert, recours à des contraventions pour certains délits et des travaux d’intérêts publics. Car, dira-t-il, «avec des prisons surpeuplées, il faut construire de nouvelles prisons, respecter les règles minima et la dignité humaine des détenus.Nos prisons ont été construites pendant la période coloniale et elles sont une reproduction pâle et archaïque d’une vision très dépassée d’une politique pénale répressive et peu soucieuse du respect de la dignité humaine»,infère Alioune Tine.

senegal7

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here