Coronavirus au Sénégal : Quand les premières scènes se jouent dans les grandes surfaces

A l’annonce des cas qui se multiplient, tous les jours et suite aux séries de mesures prises par les autorités étatiques, la psychose monte d’un ton et obligent certains sénégalais à adopter de nouveaux comportements. Malgré le fait que d’autres concitoyens ne sont pas prêts à faire face, les grandes surfaces, à l’instar des magasins Auchan à Dakar, sont prises d’assaut par un nombre importants de citadins venus s’approvisionner en produits de première nécessité en vue d’un éventuel confinement. Pour eux, le terme n’est pas de trop au regard des derniers rebondissements dans la capitale sénégalaise : Le coronavirus est bien réel et on le fuit ! « On s’approvisionne et on se range ! », indique Kadiatou dans un petit rire qui trahit son inquiétude. Pour elle, l’heure est grave et il faut faire face en assurant, éventuellement, sa survie. A son travail, la jeune fille vient d’être notifiée pour le télétravail et compte prendre quelques dispositions avant de rentrer, se confiner, à la maison.

Auchan Mermoz, dans le chic quartier de Dakar, il est un peu plus de 14 heures ce mercredi. Le magasin, plus grande succursale du label français à Dakar, est pris d’assaut par les populations environnantes et même celles venant d’autres quartiers de la capitale.

« Je viens de la Patte d’oie Builders. Je n’arrive pas à tenir en place. Je me suis dit, finalement, mieux vaut venir faire des réserves tant qu’on le peut et voir ensuite comment les choses vont évoluer », explique Mme Ndao qui se dit pressée de faire ses courses pour ensuite rentrer chez elle. Elle n’est d’ailleurs pas convaincue qu’on devrait prendre le loisir de « se causer dans la rue ». Avec un petit sourire, elle manqua pour peu à la courtoisie ! Quelques pas auront suffi pour qu’elle tombe sur un agent des services de Auchan qui, allure magistrale devant la grande porte coulissante et automatique, masque sur le visage, lui tend une bouteille de gel hydro alcoolique. Dans un geste rapide, presque comme une communication évidente, Mme Ndao offre ses mains et les enduit du liquide. Précieux ! Devrait-on ensuite constater.

En effet, sur place, les rayons s’ouvrent sur les produits aussi nombreux que divers. Toutefois, le gel antiseptique manque au rendez-vous. « Il est en rupture ! », informe Ameth, un agent de rayons. Pas plus ! Pour lui, il s’agit du produit le plus acheté mais encore le plus demandé, en ces moments de panique générale.

Dans les couloirs menant dans les différents rayons, les acheteurs se télescopent mais ne semblent pas avoir le temps de faire des choix devant les produits alimentaires. Entre le choix des pattes de cuisine, les produits d’entretien, le sucre, le riz et l’huile, les rayons se vident petit à petit. Les charriots passent et repassent et au moment où on n’hésite à faire un choix, un autre est prêt à mettre dans son char. Le prix compte peu. « D’ailleurs, ils n’ont pas bougé. Contrairement aux boutiquiers, certaines grandes surfaces sont en promotion sur certains produits », assure M. Priera qui traîne un grand charriot, presque empli, derrière sa dame qui continue sa tournée dans les rayons. Un scénario à l’arrachée qui ne semble pas échapper aux agents affectés au niveau des rayons pour guider et orienter les clients. Pour cette fois, ils les aident presque dans l’assortiment. Prenant encore le soin d’en remettre pour anticiper sur les ruptures prématurées de certains produits.

« Jusque-là, nous faisons le travail de guide et de gestion des rayons convenablement ; c’est juste qu’aujourd’hui, nous sommes très débordés. Voyez comment nous sommes obligés d’aller et venir pour apporter du neuf et d’autres produits disponibles dans les rayons. Ça finit vite ! », Se réjouit L.C, chef de rayon.

Plus loin, les caisses ne dérogent pas à la règle. Pour la première fois depuis son ouverture, il y a quelques mois, informe un gestionnaire de rayons, il y a autant de queues devant les dix caisses, aménagées sur la grande superficie. Les uns sont obligés de prendre leur mal en patience au moment où d’autres, encore plus sous pression, se rappellent l’achat de certains produits, passés un moment sous oubli.

Diama, un agent de caisse, est obligée de se lever un moment pour interpeller une cliente qui doit payer à la caisse avant de continuer à faire d’autres achats. « Si tel est son choix, elle va devoir céder la place ! », souffle-t-elle. Avec courtoisie, elle en appelle à la compréhension de la jeune dame qui s’excuse devant les autres dont un jeune membre de la société sénégalaise, venu, délicatement, faire les grosses courses. A.S, loin des jours de lutte sociale en pleine rue de Dakar, sert apparemment un autre combat, cette fois contre le coronavirus qui l’oblige à un confinement en famille. Et pour cela, en bon pénétrant, il ne manqua pas non plus au rendez-vous.

xalima

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