Pr Ogo Seck: “Pour éviter des risques de tension découlant de l’affaire Jeanne-d’Ar…”

Le président de l’Association des juristes d’Afrique (Aja), professeur Ogo Seck, a commenté ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler l’affaire Jeanne-d’Arc.
Contacté par Seneweb, il déclare: “Pour éviter des risques de tension découlant de cette affaire, il faut que dans le dialogue national qu’on puisse prendre en charge la question religieuse où imams, prêtres et chefs coutumiers s’asseyent pour trouver un compromis et éviter les discriminations et intolérances qui peuveut venir de la majorité, de la minorité du pouvoir comme de l’opposition, des hommes comme des femmes”.
Allant plus loin dans ses propos, le professeur titulaire en droit et en science politique fait comprendre que “si dans une institution ou un établissement, on impose des règles discriminatoires mais acceptées par la majorité (parce que conforme à sa croyance), personne ne dit rien, mais si c’est une minorité qui opère une discrimination, celle-ci n’est pas tolérée”.
A ce titre, Seck conseille aux Sénégalais de surveiller en conséquence les “excès” d’un côté comme de l’autre.
Il dit: “Il faut que les droits fondamentaux et les libertés soient respectés et que la diversité culturelle soit aussi le roc sur lequel nous devons bâtir nos nations”.
Pourtant, d’après le spécialiste de l’histoire du droit, cette question ” importante” pourrait être prise en compte dans les concertations lancées depuis le 28 mai dernier par le Président Macky Sall.
“Ici, ce n’est pas l’unité qui doit être la règle, mais…”
“Le dialogue national aurait dû prendre en charge la question culturelle au lieu de se focaliser sur des questions politiques parfois stériles. Nous avions fait la proposition à travers des termes de référence mais les autorites n’en ont eu cure”, a d’ailleurs déploré le président de l’Aja. Malheureusement, fait-il constater, les questions socio-culturelles minent l’Etat et la nation.
“J’ai publié un livre sur la construction de la nation en Afrique où je rappelle que si nous voulons batir des nations viables et respectables, nous devons faire attention aux facteurs socio-culturels car l’identité est l’expression africaine de la nation”, a-t-il notamment rappelé.
Et dajouter: “Or, ici ce n’est pas l’unité qui doit être la règle, mais c’est la diverste qui doit être préservée et le Sénégal a toujours été un bel exemple de métissage depuis Senghor, premier père de la nation”.

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